Historique du régiment

Le 1er RE constitue avec le Commandement de la Légion étrangère ce qu'on appelle la «Maison Mère» de la Légion étrangère.

Le 1er régiment étranger (1er RE) est le plus ancien des régiments de la Légion étrangère. Il est stationné au quartier Vienot à Aubagne depuis 1962, date de son arrivée de Sidi Bel Abbès.
 
Créé en 1841, il est le doyen des régiments de la Légion. Au-delà de cet aspect historique, le 1er RE représente l'étape majeure dans le parcours du légionnaire. Il y commence sa carrière, au centre de sélection et d'incorporation (CSI), et y accomplit ses formalités de départ. Si aujourd'hui, c'est un régiment à vocation essentiellement administrative, il n'en a pas toujours été ainsi.
 
1841 à 1852
 
Le 1er Régiment étranger (1er RE) est créé en Algérie le 1er avril 1841 à partir des trois premiers bataillons de la Légion.
 
Au 1er janvier 1849, le 1er RE, sous le commandement du colonel Émile Mellinet, est en garnison à Oran en Algérie.
 
Second Empire
 
Le 6 juillet 1856, il reçoit son drapeau "l'Empereur Napoléon III au 1er Etranger" avant de partir faire campagne en Kabylie.
 
Il participe d'abord à la pacification de l'Algérie puis est acheminé en Crimée (1853-1856) où il forme une brigade avec son régiment frère, le 2e RE, au sein de la 6e division. Il participe à la bataille de l'Alma et au siège de Sébastopol. Son chef de corps, le colonel Vienot, est tué au combat le 1er mai 1855. Le 7 juin, les ouvrages blancs sont enlevés. Enfin, il participe à la prise de la tour de Malakoff le 8 septembre 1855.
 Le régiment participe ensuite à la campagne d'Italie en 1859, au sein de la 2e division d'infanterie du 2e corps d'armée (Mac Mahon), et s'illustre lors de la bataille de Magenta. il rentre triomphalement dan Milan libérée le 7 juin 1859.
 
À son retour en Algérie, il est licencié le 14 décembre 1861 par décret impérial. Ses effectifs sont reversés au 2e Etranger qui change d'appellation le 1er janvier 1862 et devient le Régiment étranger.
 1861-1867 : expédition du Mexique. Le régiment arrive au Mexique le 25 mars 1863 et débarque le 26 à Veracruz. Sa 3e compagnie se couvre de gloire en se sacrifiant lors de la Bataille de Camerone le 30 avri1 1863. Les 1er et 2e bataillon participent au siège d'Oaxaca qui capitule en avril 1865. Le 2e bataillon perd le 1er mars 1866 102 tués au combat de Santa Isabel. Le 13 décembre de la même année, le régiment quitte le Mexique.
 Lors de la Guerre de 1870-1871, la Légion est tardivement engagée. C'est fin septembre 1870 que le régiment est intégré dans le 15e corps (1re brigade, 2e division) et se trouve engagé vers Orléans (ou le régiment refuse par 3 fois l'ordre de retraiter et où s'illustre le sous-lieutenant à titre étranger Kara, futur Pierre 1er de Serbie) en octobre et décembre 1870 puis à Montbéliard en janvier 1871 où il oblige les Allemand à quitter la ville.
 
1871 à 1914
 
Durant la Commune de Paris en 1871, le régiment participe avec l'armée versaillaise à la semaine sanglante.
 Le régiment retourne en Algérie en juin 1871 (Mascara près d'Oran).
 Le 1er janvier 1885 la "Légion étrangère", nom donné au Régiment étranger le 13 mars 1875, se dédouble en deux régiments étrangers constitués chacun de 4 bataillons et d'une compagnie de dépôt.
 Lors de l'expédition de Madagascar en 1895-1896, il forme avec le 2e régiment un bataillon de marche qui dépend du Régiment Algérie, de l'armée d'Afrique sous les ordres du colonel Oudri du 2e régiment étranger.
 
En 1881, le 1er RE est engagé au Maroc (combats de Chellaha du 19 mai) et dans le Sud Oranais (combat de Chott Tigri le 26 avril 1882 où 300 légionnaires affrontent 8 000 dissidents). Le 1er Etranger combat dès 1900 lors de la bataille des Oasis de nouveau dans le Sud-Oranais et les confins marocains. Le 27 janvier 1906, la 3e compagnie du 1er RE écrase le rezzou de Bou Amama qui avait participé au combat d'El Moungar (où la 22e compagnie du 2e RE avait subit de très lourdes pertes, et dont la bataille fut surnommée le "Camerone des sables").
 
Dès 1883, les bataillons (1er, 2e) du 1er RE sont envoyés au Tonkin. Ils prennent Sontay le 16 décembre 1883. Du 26 janvier au 3 mars 1884, les 600 hommes de Tuyen-Quang dont 390 légionnaires repoussent 20 000 réguliers chinois.
 
En 1892, le 1er RE est engagé au Dahomey (actuel Bénin) et débarquent à Cotonou le 22 août. Ils combattent en septembre et en octobre. Les 800 légionnaires de la colonne Faurax affronte des milliers de combattants du roi Béhanzin et rembarquent victorieux le 17 novembre.
 
Entre 1892 et 1894, les compagnies du 1er RE interviennent également au Soudan. Le 1er juillet 1893, les légionnaires du lieutenant Betheder et du sergent Minnaêrt se battent avec acharnement à Bossé. Ils perdent 60 tués et blessés au prix d'une victoire qui verra cet héroïque sergent (qui s'est déjà distingué au Tonkin) décoré de la Légion d'honneur pour sa vaillance au feu.
 
En 1895-96, le régiment fait partie de l'expédition qui va conquérir Madagascar. Si les combats voit l'ennemi vite céder du terrain, les conditions climatiques sont terribles et créer des ravages. les pertes par maladies sont innombrables (200 morts). Les légionnaires s'épuisent à donner le maximum sans se plaindre. On a coutume de dire dans tout le corps expéditionnaire : "quand un troupier de France rentre à l'hôpital, c'est pour être rapatrié, un tirailleur c'est pour guérir, un légionnaire c'est pour mourir". La pacification débute en 1895 et s'étend jusqu'en 1905, date du retour définitif des unités du 1er RE sur l'Algérie.
 
L'épopée marocaine commence dès 1906. Le 25 août 1907, le chef de bataillon Provost est tué à Casablanca en repoussant une violente attaque. En 1908, le 1er RE se distingue à Menabah. en 1911, la 22e compagnie du capitaine Labordette perd 29 tué dont son chef à Alouana.
 
Première Guerre mondiale
 
Le régiment ne participe pas directement à la Grande guerre. Il continue à administrer l'institution et à fournir les effectifs pour l'ensemble des unités engagées. En 1914, il forme la totalité ou l'ossature de plusieurs unités.
 
Au Maroc : le 1er RE fournit l'effectif complet du 1er RM du 1er RE (constitué des 1er, 2e, 6e bataillons). Ces unités combattront 4 ans au prix de 272 tués et s'illustrent à Taza ou à Sidi-Amar. Le 1er RM sera dissout le 15 février 1918 et ses bataillons et compagnies montées deviennent autonomes.
 
En France : le 1er RE fournit l'ossature des 2e RM, 3e RM et 4e RM ("Légion garibaldienne") engagés en France, dont l'essentiel de la troupe est constitué d'engagés volontaires pour la durée de la guerre (dont le vainqueur du tour de France François Fabert, les poètes Blaise Cendrars, Camil Campanyà ou Alan Seeger). Entre mars et juillet 1915, les 3e et 4e de Marche disparaissent après de terribles pertes. Le 2e de Marche qui sera cité à 2 reprises est anéanti (1 322 tués) avec son régiment frère (2e de Marche du 2e REI) en septembre 1915 lors des combats de Navarrin. Les survivants constitueront le célèbre Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE) qui sera confié au lieutenant-colonel Rollet. Le RMLE sera la seconde unité la plus décorée de l'armée française (après le Régiment d'infanterie coloniale du Maroc, actuel RICM).
 
En Orient : le 1er REI forme un bataillon de marche pour le Régiment de Marche d'Afrique qui sera engagé en Orient (Dardanelles, Serbie). L'unité est formée à l'origine de 2 compagnies du 1er REI et 2 compagnies du 2e REI. L'état-major vient du 1er REI et le chef de bataillon du 2e REI. Perdant 815 hommes au feu, le bataillon de Légion du RMA sera cité à 3 reprises dont 2 à l'ordre de l'armée avant d'être dissout en 1917.
 
Au Tonkin, des attaques sont menées par des agitateurs annamites entre août 1915 et juillet 1918. Ses actions se répèteront jusqu'en 1940. Le 4e bataillon perdra 216 de ses hommes pendant cette période.
 
Entre-deux-guerres
 
En 1925, le 1er REI compte 10 000 hommes répartis en 9 bataillons (huit de combat et un d'instruction, le 5e), de 9 compagnies spécialisées et du dépôt commun des régiments étranger (DCRE).
 
Le 4e bataillon formant corps est au Tonkin, rejoint par le 9e crée en 1926. Il combat entre 1914 et 1940 les agitateurs annamites au prix de plus de 200 morts.
 
Le 8e bataillon et la 24e compagnie sont en Syrie. Ils affrontent les Druzes à Messifré et Soueida le 12 septembre 1925. Le 8e bataillon sera cité 2 fois à l'ordre de l'armée (sa première citation fut obtenue alors qu'il appartenait au 4e REI, avant de devenir 8e bataillon du 1er REI).
 
Les 1er, 2e, 3e, 5e, 6e et 7e ainsi que les unités spécialisées sont en Algérie.
 
La guerre du Rif : La conquête du Maroc va nécessiter à plusieurs reprises l'engagement des unités du 1er REI et ce dès 1918, en particulier dans la lutte contre Abd el krim al-Khattabi (Abdelkrim).
 
Le 9 août 1918, la 2e compagnie montée perd dans de terribles combats 49 morts dont 2 d'épuisement. Son chef, Le capitaine Timm, grièvement blessé à la jambe et au visage, se fait attacher sur un mulet pour continuer à commander. Le 23 juillet 1923, le 6e bataillon attaque le piton de Taghzout et perd 18 tués et 36 blessés.
 
Le paroxysme de ces interventions est atteint en 1925-1926 lors de la guerre du Rif. Quatre bataillons (1er, 2e, 6e et 7e) et les deux compagnies de sapeurs-pionniers du 1er REI sont engagées (soit 2 000 hommes). Au prix de plus de 400 morts, les bataillons s'illustrent dans de furieux combats au corps à corps bien souvent. Comme le 10 juin 1924 où le corps franc du 6e bataillon est décimé au prix de 4 officiers tués et 60 morts lors d'une opération de nuit pour libérer le poste de Mediouna. Le chef du 2e bataillon, le commandant Deslandre est tué à al tête de ses légionnaires le 18 juillet 1924 près de Tezual.
 
Le 8 mai 1926, l'offensive générale es déclenchée. Toutes les unités du 1er RE y participent, en particulier les 1er, 2e et 6e bataillons. La victoire est définitive le 26 mai. Pourtant, le chef de bataillon Le Roch trouve encore la mort dans de violents combats résiduels le 14 juillet à la tête du1er bataillon sur les crêtes de Tizi-N'Ouidel.
 
Les quatre bataillons seront cités à 5 reprises (dont 2 citations pour le 6e bataillon).
 
Seconde Guerre mondiale
 
En France : En 1939, le 1er Etranger dirige sur la France 2 500 cadres et légionnaires sur les 3 000 hommes qui formeront les 11e et 12e REI. Trois anciens chefs de corps du 1er REI commanderont le 11e REI. Ces deux régiments disparaissent lors de la défaite de 1940 au prix de lourdes pertes. Le 11e REI est cité à l'ordre de l'armée, le 12e à l'ordre de la division.
 
Parallèlement, le 1er bataillon du 1er REI est versé à la 13e DBLE qui part à Narvik.
 
En 1941, deux bataillons du 1er REI et la compagnie hors rang (CHR) constitue la 4e DBLE envoyée au Sénégal. Le 1er REI regonfle ses effectifs en accueillants les rescapes du 6e REI qui se sont battus en Syrie.
 
En novembre 1942, le 1er Bataillon du 1er REI s'illustre lors de combats contre l'Afrika Korps en Tunisie. Sa 2e compagnie est anéantie dans le Djebel Mansour et se voit citer à l'ordre de l'armée.
 
Avec le retour de la 4e Demi-brigade de Légion étrangère à Sidi-Bel-Abbès et le début de la campagne de Tunisie en 1943, le 1er REI devient 1er Régiment étranger d'infanterie de marche (1er REIM) le 16 avril 1943. Formé de trois bataillons, il combat et s'illustre au prix de 380 morts en infligeant des pertes sévère l'ennemi au Pont du Fhas et dans le djebel Zaghouan. Pour son action, il est cité à l'ordre de l'armée, citation qui orne actuellement le drapeau du régiment. Les rescapés du 1er REIM et du 3e REIM vont former de nouveau le fameux RMLE qui participera glorieusement à la libération totale du territoire national.
 
Le 1er REI cesse d'exister le 30 juin 1943. Ses missions sont assurées par le DCRE à Bel-Abbès.
 
Guerre d'Indochine
 
Le 1er Régiment étranger renaît le 1er mai 1946. il participe au travers d'unités de combat spécialisées aux opérations que la Légion va mener jusqu'en 1962 (Compagnies sahariennes portées notamment). Il s'adonne alors pleinement à la sélection, l'instruction des engagés volontaires, l'administration de l'Institution et achemine via le dépôt commun les renforts pour les unités engagées en Indochine. Il ne participera donc pas directement au conflit.
 
Le 1er septembre 1950, le groupement autonome de la Légion étrangère est créé. C'est l'ancêtre du Commandement de la Légion étrangère actuelle.
 
Guerre d'Algérie
 
Lors du déclenchement des "évènements d'Algérie", le 1er RE comme l'ensemble de la Légion qui vit en Algérie depuis 1831 va participer aux combats qui vont durer jusqu'en 1962; Il y perdra 92 officiers, sous-officiers et légionnaires en mettant hors de combat 1 151 rebelles et en récupérant 529 armes individuelles et collectives.
 
Quelques dates : 18 novembre 1954, mort d'un sous-lieutenant du 3e bataillon de marche dans le djebel Orbata. Le 7 janvier 1958, la 6e compagnie du Centre d'instruction N°2 détruit une bande rebelle au nord-ouest de Franchetti. Le 5 mars 1961, l'Etat-major tactique du 1er RE aux ordres du chef de bataillon Fournier est engagé dans la région de Sebdou puis sur la piste de Djilali. la section d'élèves sous-officiers de l'Adc Kemenceî se heurte aux rebelles et en abat 24, au prix de 2 tués. Le 11 août 1961, des rebelles s'infiltrent dans Sidi-Bel-Abbès. repérés, ils se retranchent dans une maison. les légionnaires du 1er RE donnent l'assaut au prix de 3 morts, dont le légionnaire Zimmermann qui sera le dernier légionnaire tué sur le sol d'Algérie.
 
Le départ : le 29 septembre 1962, les corps du général Rollet, du chef de bataillon (prince) Aage de Danemark et du légionnaire Zimmermann (représentant l'ensemble des légionnaires morts sur cette terre d'Algérie) sont transférés au cimetière de Puyloubier (Bouches du Rhône). 24 octobre 1962 : cérémonie de départ au pied du Monument aux Morts (qui sera démonté et rapatrié sur Aubagne). Les pavillons noirs rapportés de Tuyen-Quang en 1885 par le capitaine Borelli sont brûlés en application de ses souhaits de ne jamais les voir quitter Sidi-Bel-Abbès. 26 octobre, départ de Bel-Abbès.
 
Le 1er Etranger va néanmoins conserver des unités au Sahara en vertu des accords d'Evian (défense du site nucléaire de Reggane). Les derniers légionnaires de ces compagnies sahariennes regagneront Aubagne en 1969 et seront notamment cantonnés à Bou-Sfer (avec le 2e REP et le 1er REC qui en partiront en 1967).
 
Depuis 1962
 
Le 15 juillet 1962, les précurseurs arrivent au camp de la Demande à Aubagne, qui va devenir le quartier Vienot. Le colonel Vaillant, chef de corps, débarque avec le drapeau le 26 octobre 1962.
 
Le 29 avril 1963, la première veillée de Camerone en métropole a lieu à Gémenos, petit village situé près d'Aubagne. Le 30 avril se déroule l'inauguration du Monument aux Morts rapatrié d'Algérie et la célébration du centenaire du combat de Camerone.
 
Le Groupement d'instruction (GILE) s'implante quant à lui à Corte (Haute-Corse) et à Bonifacio (Corse du Sud).
 
1er octobre 1969 : la compagnie motorisée de la Légion étrangère (CMLE) du 1er RE est mise sur pied à Corte. Elle est déployée au Tchad à l'occasion de l'opération Tacaud. Elle déplorera 6 morts au combat aux côtés du 2e REP jusqu'à son désengagement en 1970. Elle devient la 6ecompagnie du Groupement opérationnel (GOLE, crée le 9 mars 1971).
 
Le 1er RE se scinde en deux pour redonner naissance au 2e REI, qui récupère le GILE et le GOLE stationnés en Corse.
 
1er juillet 1981 : création de la 31e brigade dont le 1er RE fera partie. Une unité est déployée au Liban dans le cadre de la FMSB de mai à septembre 1983 (Elément de commandement et de soutien immédiat, de la valeur d'une compagnie).
 
Septembre 1990 à avril 1991 : le 1er RE engage un peloton de transport dans le cadre de l'opération Daguet dans le Golfe.
 
Depuis 1991, le régiment fourni régulièrement des renforts aux unités de Légion déployées en opération extérieures et intérieures (notamment Sentinelle depuis 2015).

| Ref : 470 | Date : 05-12-2011 | 25670